Le banc du village

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Que cache la monnaie du capitalisme ?

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Une chose qui semblerait si logique, allant de soi , naturelle, n’existe étrangement pas en économie : une théorie monétaire des prix. Dans le système capitaliste, l’argent et les prix n’auraient donc aucun autre rapport entre eux qu’un rapport psychologique, inconscient et inaccessible. Alors que l’économie orthodoxe s’ingénie à empiler des équations surréalistes pour ne pas voir ce qui n’est pas censé exister, intéressons-nous pour notre part à ce qu’est vraiment l’argent.
 « L’homme est un animal qui échange » Adam Smith

La monnaie

La monnaie est une représentation de l’équivalent valeur des produits échangés.  C’est un instrument qui n’a pas vocation à conserver une richesse de manière concrète et tangible. La monnaie non capitaliste est donc uniquement un instrument d’échange sans valeur intrinsèque.

Monnaie-métal (ou monnaie-marchandise)

Chemin faisant, les métaux se sont révélés être les supports les plus utilisés pour tenir lieu de monnaie-marchandise. Leur usage monétaire s’est particulièrement développé dans le bassin méditerranéen à partir du Bas Moyen-Age. Ce sont les marchands eux-mêmes qui firent principalement frapper monnaie car les métaux avaient une valeur élevée, étaient malléables, et se prêtaient donc bien à conserver cette valeur dans les formes les plus compactes et les plus durables possible. La valeur était donc capitalisée.

La diversité de monnaies constituées de poids et d’alliages différents rendait le commerce compliqué et nécessitait le recours à des changeurs connaissant les propriétés de chaque pièce.

Ensuite les rois se mettent aussi à frapper monnaie, et demandent aux marchands de leur accorder des prêts pour mener leurs politiques en échange de leur accorder des privilèges commerciaux. Les rois, si tant est qu’ils remboursent ces derniers, peuvent aussi être tentés de les rembourser avec une monnaie d’un même montant nominal, mais à la composition altérée. Si un roi emprunte 100 livres avec une teneur d’or de 750 pour 1000, puis rembourse avec des nouvelles pièces  toujours de 100 livres mais avec une composition de 600 pour 1000, alors le marchand qui effectue du commerce avec l’extérieur du royaume aura été floué. Le marché international de la monnaie lui imposera ses prix.

La monnaie a donc subit dans ce cas une dévalorisation volontaire.

Il n’y a qu’un autre cas ou la monnaie-métal puisse se dévaloriser, c’est lorsque le métal utilisé devient subitement surabondant (découvertes simultanées d’énormes gisements, ou  d’une technique d’extraction révolutionnaire). Le métal perd alors de la valeur (valeur qui résulte du temps de travail passé à l’extraire). Mais ce  phénomène de dévalorisation est marginal.

Ainsi autour du 18ème siècle, la puissante économique d’un pays se compte en capital, et dépend beaucoup  de son accès aux mines d’or. Chaque pays dispose ainsi d’une unité de compte (livre, franc, yen…) qui lui est propre. Les prix des marchandises, exprimés dans cette unité de compte nationale, reflètent cette capacité d’accès à l’or, ainsi que la productivité intérieure. L’Angleterre du 18ème, qui possède une flotte maritime énorme, de nombreuses colonies, une classe bourgeoise développée, une banque centrale, emploie une unité de monnaie valant  10 fois l’unité de la monnaie française. Cet écart crée entre les pays une barrière douanière naturelle.

Monnaie papier

Pour développer et faciliter le grand et moyen commerce européen arrive ensuite la monnaie-papier (lettre de change, lettre de crédit, billet…). Pour assurer la stabilité de ce support on croit nécessaire le gage au début sur sa quantité strictement équivalente en or. Puis  on s’aperçoit de façon empirique que cela est inutile.

Il faut réunir 2 conditions pour assurer la stabilité de la monnaie-papier :

1) que la convertibilité papier/métal soit assurée à la banque

2) que cette monnaie émise  par un organisme soit une avance en capital (un crédit)

En revanche, si pour divers motifs (sociaux, militaires…) l’Etat crée de la monnaie papier une dévalorisation mécanique est inévitable. Ce papier n’est pas créé comme avance en capital (à fructifier), mais comme avance en revenu (à dépenser). Cette distinction de Smith est reprise par Marx. La pièce en or et le papier ont alors la même dénomination, mais n’ont plus la même valeur. On suspend la convertibilité et on prononce le cours forcé. L’or est stocké et ne circule plus.

La stabilité de la monnaie papier repose sur son gage au capital, et non à son gage à l’or. Le papier est une monnaie créé dans les systèmes capitalistes afin de pouvoir générer une avance en capital sans avoir besoin d’autant d’or. Autrement dit : le papier ne peut être dévalorisé que dans un système où il a pour fonction première d’être un crédit en capital. Un papier, ou tout autre signe monétaire « libre », qui ne serait qu’un instrument d’échange, ne connaitrait pas de dévalorisation. Le papier étant créé initialement comme crédit pour le capital mais aussi utilisé comme moyen d’échange, les utilisateurs « normaux » encourent le risque de voir leurs économies s’envoler.

Lorsque l’Etat est à la fois centralisateur (besoin de créer de la monnaie) et acteur d’une société capitaliste, cela génère une incompatibilité entre ces 2 fonctions que Marx nomme paradoxe de l’Etat bourgeois.

  •          Soit politique déflationniste: stabilité ou hausse de la monnaie, mais politique dite « de rigueur », c’est-à-dire supportée par la société (hausse des impôts, baisse de la dépense publique et de la protection sociale). C’est le financement intérieur. Notons que cet objectif peut et a pu être aussi atteint à certaines époques par un financement extérieur : colonies, guerres…
  •          Soit politique inflationniste : dépenses et création monétaire par l’Etat générant une augmentation des prix désastreuse.

Il y a donc une escroquerie intellectuelle visant à dédouaner le capitalisme de ses méfaits dans les explications qui consistent à présenter la monnaie actuelle comme étant fondée sur la confiance. Seules les véritables monnaies d’échange sont fondées sur la confiance ; et dans le contexte de reconnaissance et de respect de l’autorité de la communauté qui les emploie, elles n’ont aucune raisons de connaitre de dévaluations. La monnaie capitaliste a pour fonction première de véhiculer du capital, et donc de préserver sa valeur avant tout. Elle est le capital.

Etalon monétaire et unité de compte monétaire

Il n’existe actuellement au sein de la pensée économique aucune théorie monétaire des prix. Elle montre une incapacité totale à relier 2 choses qui pourtant semblent indissociables : la monnaie et les prix. Car elle ne veut pas se référer à Marx, et seule l’utilisation de ses concepts de la valeur rendent cela possible.

Rappels :

  •          L’étalon monétaire est représenté par un gramme d’or affiné dans les conditions économiques et sociales moyennes du moment. Au 19ème c’est Londres qui, pour le compte de toutes les monnaies des économies marchandes, affine l’or des monnaies. Ce poids d’or représente une quantité de travail social variable.
  •          L’unité de compte d’un numéraire est l’unité reconnue d’une monnaie nationale, qui a un poids d’or garanti par la banque centrale (sauf décision de dévaluation) jusque dans les années 1970, puis un poids d’or variable qui est lu journellement sur les marchés de l’or, depuis.

En conséquence : une unité de compte peut donc avoir un poids fixe d’or, et une valeur variable en temps de travail.

Cette unité de compte doit pouvoir s’échanger facilement avec les autres unités de compte des autres pays, sans l’intervention d’un changeur. La monnaie est un moyen de circulation du capital. Elle doit être unifiée et stable. A partir du moment où se constitue l’étalon-or comme système monétaire international, c’est Londres qui va affiner l’or international devant servir à la constitution des unités monétaires des pays participant au commerce (car elle s’est approprié les principales mines d’or mondiales d’Afrique du Sud lors des guerres des Boers). A partir d’un étalon monétaire accepté et reconnu, l’once d’or, se constituent des unités de compte (livre, franc, dollar…) qui vont contenir une fraction ou un multiple de l’étalon monétaire. Ceci n’est pas une analyse économique orthodoxe, mais hétérodoxe.

Les prix

Le prix pour Marx est un rapport de valeurs en temps de travail, entre d’une part la valeur de la marchandise, et d’autre part la valeur de l’unité de compte monétaire. Si la marchandise égale 50 heures, et l’unité de compte monétaire (par exemple le Franc) vaut 2,5 heures, le prix sera de 20 francs. Puis si le poids de l’unité de compte reste inchangé mais les méthodes d’affinage sont plus rapides, l’unité de compte de 2g vaut 2 heures, le prix est alors de 25F. Le prix a donc augmenté sous l’effet de la baisse de valeur de l’or, sans modification du poids de l’unité de compte.
Autre exemple, la valeur de la marchandise passe à 40 heures, l’unité de compte reste à 2,5 heures, le prix est de 16F. Le prix a diminué.

Imaginons maintenant, pour illustrer ce qui précède, que l’unité de compte ne vaille presque plus rien, 0,25 heure, tandis que la marchandise soit à 40 heures, le prix est 160F… Mais comment cela peut-il être possible dans le cadre d’une unité de compte qui pèse toujours 2g d’or, avec des méthodes d’affinage et d’extraction qui varient peu ? Cela est impossible, sauf si un trouble-fête vient tout dérégler : le papier-monnaie dont L’Etat prononce le cours forcé.

Inflation et cours forcé

Le papier-monnaie, que Marx à l’époque appelle la monnaie de crédit, avait exactement la même valeur que la pièce de même dénomination, celle-ci étant en or ou en argent. La libre-convertibilité était assurée, quitte à devoir provoquer la faillite de la banque.

Le préjugé populaire, renforcé par les croyances théoriques des classiques anglais, voulait que le billet perde de sa valeur dès lors qu’on en créait en plus grand nombre que la quantité d’or existante qui devait les garantir. C’est ce qu’on appelle la théorie quantitative de la monnaie.

Les faits montrent que le quantitativisme n’a jamais fonctionné, la preuve la plus nette étant le comportement des USA, dont les banques ont créé à volonté de la monnaie pour les capitalistes, petits et grands, entre 1830 et 1865, sans la moindre inflation. Par contre, en 1865, le gouvernement américain prend une mesure décourageant les émissions des banques et visant à instaurer une devise nationale. Il se mêle de créer lui-même de la monnaie-revenu, pour financer la guerre de sécession, alors les USA se trouvent à nouveau plongés dans la dépréciation monétaire, donc l’inflation. C’est le pressentiment de ce danger entre création monétaire étatique et inflation qui avait d’ailleurs conduit à la suppression de la banque centrale américaine en 1830.

Il y a effectivement un secteur où les lois du marché sont omnipotentes, c’est le  secteur monétaire. Si l’Etat crée de la monnaie papier, celle-ci porte la même dénomination que la monnaie-métal, mais n’a plus la même valeur (les prix sont différents selon qu’on paye avec l’un ou l’autre). Les gens se rendent donc aux guichets des banques pour échanger les billets contre des pièces. L’Etat doit stopper momentanément la convertibilité pour protéger les banques de la faillite et prononcer le cours forcé de la monnaie papier. L’or est thésaurisé et les prix flambent.

Dans le cas de graves crises économiques qui perdurent, il est impossible de revenir à la convertibilité. L’Etat devrait pour cela sans cesse dévaluer la monnaie-métal.

Pour éviter cette spirale, les pièces ne contiennent donc plus d’or depuis la 1ère guerre mondiale (qui est donc la fin effective de l’étalon-or, avant la fin officielle de 1971). On a donc en apparence changé de système monétaire. Cependant nous verrons que le marché de l’or est toujours la clé de voûte cachée du système monétaire. D’ailleurs malgré l’abandon de l’argent-métal à ce moment-là, ce fut le début d’une longue ère d’inflation. Pourquoi alors ? Car les nombreuses crises du 20ème siècle (guerres, krachs…) ont demandé un fort interventionnisme.  Ces faits sont toujours dissimulés par l’orthodoxie économique qui a recours à des explications psychologiques.

Il est important de comprendre que la monnaie a un fonctionnement autonome, et qu’il est impossible de lui imposer une valeur. Sinon elle devient inconvertible avec les autres monnaies, et des marchés noirs se créent. C’est cela qui a poussé les libéraux à louer la «magie » du marché, magie qui n’est donc qu’un fonctionnement mécanique.

Dans le déni de ce mécanisme, les hommes politiques ont mené de dures politiques sociales pour lutter contre l’inflation, et Keynes propose d’abandonner l’étalon-or, ce qui sera entériné à Bretton-Woods.

En effet l’argent est une croyance (crédit vient du latin credo, je crois). Et même si les unités de comptes internationales n’utilisent plus l’étalon-or, le seul marché actuel donnant précisément le taux de change entre les devises est le marché de l’or. C’est la réserve de valeur par excellence.  Le capitalisme a fondé toute son histoire sur l’or. Il y est toujours attaché, et le sera probablement tant qu’il existera. Ce n’est pas un traité qui suffit à rompre ce lien.

Dans le système capitaliste, les lois du marché en ce qui concerne la monnaie sont donc incompressibles. Cette remarque limite considérablement la portée de toute politique réformiste du capitalisme. Des dépenses sociales importantes sont absolument contradictoires avec le bon fonctionnement du capitalisme et la stabilité monétaire. On peut monnayer les réformes sociales contre l’extraction d’une plus-value plus grande à l’intérieur du pays.
On peut aussi compenser les dépenses de revenus en réformes sociales, dans les pays riches, par un afflux organisé de la plus-value venue des pays dépendants, dits du Tiers monde, vers les pays riches.

Comment les keynésiens et postkeynésiens ont-ils tenté de s’en sortir, au 20ème siècle pour financer le réformisme social par des politiques dites keynésiennes qui n’entraînent pas l’hyperinflation ? Pour vaincre une inflation galopante, il a fallu doser sans cesse ce qui était concédé aux travailleurs et faire en même temps des politiques de rigueur. Et il a fallu accepter le déficit budgétaire, l’endettement continu. Et surtout, il a fallu tenter de diminuer l’augmentation des salaires par la diminution des prix des denrées les plus nécessaires : l’industrialisation de l’agriculture et de l’alimentation a été de nerf de la guerre des politiques dites keynésiennes, de même que l’industrie d’armement.
Néanmoins, une inflation rampante a toujours été de mise durant tout le 20ème siècle, jusqu’à son explosion dans la décennie 70, dont la principale cause venait de l’impossibilité pour le système capitaliste de continuer à engranger des politiques sociales incompatibles avec la recherche de la compétitivité. La décennie 80 retrouve la stabilité monétaire grâce à des politiques de restrictions très dures sur le plan social, politiques proposées par les libéraux anglais et américains, et reprises par toute la social-démocratie européenne. Peut-on mieux prouver à quel point les politiques keynésiennes, relativement favorables aux salariés, étaient totalement inadéquates au système capitaliste ?

Dans la concurrence internationale d’aujourd’hui, la stabilité monétaire est un élément fondamental. De ce fait l’exercice du  » réformisme  » dans ces circonstances devient plus qu’un casse-tête chinois pour n’importe quel type de gouvernement des pays dominants ; c’est un exercice presque impossible pour un gouvernement dit de gauche, qui doit donner un « coup à droite », « un coup à gauche », non pas par incohérence, mais pour satisfaire à des exigences toujours plus contradictoires. Jusqu’au moment où il devient nécessaire de suspendre tout réformisme, ainsi que les libertés publiques, sous des prétextes divers comme la  » menace terroriste  » qui a été sciemment suscitée par ailleurs par la politique étrangère capitaliste.

La pensée libérale est certes adéquate au capitalisme, mais le capitalisme n’est pas adéquat à l’humain.

Les marchés de l’or

Les marchés de l’or actuels ont une fonction bien précise : donner journellement la valeur or des différentes monnaies, depuis qu’elles sont soit en papier, soit purement virtuelles.

Pratiquement jusqu’en 1971, avant les accords de la Jamaïque et un peu après la décision de la non-convertibilité du dollar papier en or, en 1968, les banques centrales ont recensé la valeur or officielle des monnaies. Cette valeur était considérée comme devant être fixe, mais subissait de nombreux ajustements toujours à la baisse appelés des dévaluations. Ce mouvement continu à la baisse sur une longue période traduisait bien l’ère inflationniste dans laquelle toutes les monnaies se trouvaient, à des degrés très divers cependant. Le rapport de ces valeurs or donnait très exactement la valeur d’une monnaie dans une autre, c’est à dire les taux de change. A côté des relevés bancaires, existaient des marchés libres de l’or en lingots et en onces (31,103g). Jusqu’au début des années 60, ces marchés donnaient des prix d’or en monnaie nationale qui correspondaient aux relevés officiels des banques. Les distorsions éventuelles, entre les deux, finissaient par entraîner des dévaluations. En fait le marché libre l’emportait toujours, ce qui est normal. Si les gouvernements n’avaient pas voulu suivre les indications des marchés de l’or, seraient nés alors des marchés parallèles de définition des taux de change, des taux de change multiples, ou des marchés noirs de change monétaire.

Vers le milieu des années 60, les distorsions entre le cours officiel des monnaies en or, donné par les banques, et la définition donnée par les marchés libres de l’or devinrent intenables. Les écarts étaient de plus en plus grands. Il eût fallu sans arrêt prononcer des dévaluations. La valeur or des monnaies ne cessait de diminuer, par conséquent, pour les grands argentiers, la solution était de transformer les devises en or et de se procurer des lingots d’or à la banque centrale des USA, contre des dollars. Réaction des USA : on suspend la convertibilité en mars 68 car ces argentiers faisaient fuir l’or des USA.
De fil en aiguille, la solution la plus sage paraissait être, du point de vue des politiques des pays occidentaux, de supprimer le taux de change fixe, d’en finir avec une référence officielle, et de laisser les monnaies  » flotter  » au gré du marché, ce qui allait renforcer l’instabilité des prix dans les échanges et la nécessité de spéculer sur les marchés des changes, bien qu’il n’y ait pas eu encore de libre circulation des capitaux, à part sur les marchés internationaux d’eurodevises.

La suppression des taux de change fixes a lieu entre les années 73 et 74 pour les grandes monnaies occidentales. On a dit que c’était un choix, en fait c’était quasiment une obligation, tellement les monnaies occidentales étaient devenues fragiles, sujettes à dévalorisation. Notons bien que c’est la décennie 70 qui impose cela en raison de l’inflation qui a tendance à s’accentuer fortement. C’est un problème monétaire qui, à notre avis, et encore une fois, traduit le refus du système de devoir supporter des politiques interventionnistes classiques. Refusant d’analyser les faits, les économistes, et en premier lieu les soviétiques, puis avec joie, l’ensemble du monde occidental, ont inventé la théorie de l’inflation venue  » de l’extérieur « , c’est à dire du pétrole. Cette théorie a fait l’affaire de tous et a évité que l’on s’interroge sérieusement sur la nature du système lui-même. En réalité les américains ont lié, dans 3 accords successifs (Washington, Téhéran, Bagdad) entre 71 et 73, le prix du pétrole au cours de l’once d’or en dollars, lequel augmentait au fur et à mesure de l’inflation américaine. L’augmentation du prix du pétrole était donc automatique. Pourquoi les USA ont-ils fait cela ? Il y a une multitude de raisons, entre autres la nécessité de s’attacher la soumission des pays pétroliers par le cadeau inestimable de la hausse continue du prix du pétrole !

L’abandon des changes fixes est entériné aux accords de la Jamaïque en 1976. A partir de là, il a été dit que la valeur or des monnaies avait définitivement disparu. Pourtant les marchés de l’or, avec leur spécificité traditionnelle, demeurent partie intégrante de la Bourse. Les prix de l’or sont donnés dans toutes les monnaies. Il suffit de chercher la valeur théorique de chaque monnaie en or, et de faire ensuite le rapport entre les différentes valeurs or des monnaies pour trouver le taux de change du jour entre deux monnaies. Aucun autre marché de matière première ne rend compte du taux de change.

Pour conclure nous affirmons donc que les monnaies actuellement employées et cotées dans les marchés boursiers sont d’abord des monnaies visant à véhiculer une valeur avant d’être des monnaies d’échange, et ce quelle que soit la forme sous laquelle elles se présentent. Ce sont des monnaies destinées avant tout aux besoin du capital et non aux besoins de leurs utilisateurs de base. Ces monnaies ne sont donc pas sans valeur comme la doxa économique le prétend (alors les bourses spéculeraient sur quelque chose qui n’a pas de valeur ?). L’or est l’étalon sous-jacent inamovible qui confronte les monnaies entre elles. La conséquence est que ces monnaies sont vouées à être instables et tout peuple qui les emploient se soumet inévitablement pour éviter cela aux lois qui régissent le système capitaliste : la loi du profit pour nourrir la croissance continue du capital. Voila pourquoi l’économie régit toute notre vie aujourd’hui : nous n’avons pas le choix, nous en sommes otages. Changer cela n’est pas impossible mais nous y sommes à ce point enfoncés que ça nécessitera un véritable séisme idéologique, une révision totale des conceptions de l’économie en vogue depuis 300 ans, et tout simplement, une refonte totale de nos sociétés.

Ceci est une synthèse de plusieurs articles d’Anne-Marie Chartier, Marx au XXIème siècle

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Une réflexion sur “Que cache la monnaie du capitalisme ?

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