Le banc du village

le pouvoir, c'est de s'asseoir

Ingénierie civique

1 commentaire

Nous sommes libres en République. Libres d’une liberté qui est là pour ne pas servir.
La liberté est le nom erroné que les philosophes ont donné à l’indétermination. En République, les élections canalisent toute pensée politique, nivellent les attentes, mâchent les idéaux. La République et son Veau d’Or, les élections, n’offrent aucune indétermination politique réelle, profonde, substantielle. Les élections ne servent qu’à une chose : à élire.

La République protège soi-disant contre son contraire, le fascisme, alors que les 2 fascismes historiques, qui servent d’alibi répressif éternel, sont directement issus de ce système. Hitler et Mussolini sont des représentants élus.
Lorsque Léon Blum accède au pouvoir en 1936, le socialisme a déjà abdiqué devant le capitalisme (pourrait-il en être jamais autrement d’un quelconque représentant sorti des urnes, mécanisme qui est le fruit même du capitalisme). Il entend donc « gérer le capitalisme pour la justice sociale » . De là, les grandes « avancées » françaises : 40h de travail, congés payés… Concepts qui effectivement n’ont lieu d’être que dans le paradigme capitaliste et qui n’auraient aucun sens en-dehors. Mais ces avancées en réalité ne sont que la copie forcée de mesures déjà prises par d’autres dirigeants socialistes européens, qui eux aussi entendent faire copuler socialisme et capitalisme dans un hybride monstrueux : la République de Weimar et la République italienne de Mussolini. La politique de grands travaux, la construction de grandes infrastructures routières, l’instauration de congés payés, le durcissement de la législation sur le travail, la sécurité sociale… Toutes ces mesures sociales, pour le peuple travailleur capitaliste, ont pu être mise en place dans des régimes ultra-nationalistes, c’est à dire qui avaient avant tout, oserai-je dire, l’amour exclusif de leur peuple (ou de ce qu’il se figuraient être leur peuple national). “La cohésion sociale est due en grande partie à la nécessité pour une société de se défendre contre d’autres. C’est d’abord contre tous les autres hommes qu’on aime les hommes avec lesquels on vit.” écrivait Bergson, très apprécié d’Hitler.
Le nationale-socialisme est une création du capitalisme : un capitalisme sain, créateur, épuré, contenu. Mais un capitalisme quand même : un système voué à la croissance par la technique (du point de vue des possédants), et corrélativement voué à la technique par la croissance (du point de vue des « possédés »).
La République, puisqu’elle ne peut structurellement pas remettre en cause le capitalisme, n’offre donc de choix qu’entre une avancée technique payée par une concurrence internationale qui ne peut aller qu’en s’aggravant et devenant plus féroce, forte (la concurrence est alors présentée comme un bien, tout comme l’avidité, « greed is good »: c’est le libéralisme économique à la Milton Friedman), ou une avancée technique qui si elle veut perdurer et préserver ou donner des « acquis sociaux » (terme capitaliste encore), n’aura d’autre choix à moyen terme que de croître non plus par la concurrence économique (le doux commerce  comme antiphrase), mais par la concurrence brute et primaire : la guerre. On ne peut croître qu’en empiétant.
Tous les partis ne proposent que des variantes, des mélanges entres ces 2 positions capitalistes, les extrêmes et les autres. Il ne perçoivent pas eux-même l’exercice de leur activité, qu’ils ont l’affront de nommer « la politique », comme autre chose que de l’ingénierie civique. Ce sont des technocrates, tous. Des partisans de la technique, avec chacun leur recette, pour laquelle nous votons à l’occasion, gavés, mais en payant toujours l’addition.

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Une réflexion sur “Ingénierie civique

  1. L’ évidence de vos propos n’échapperait à aucun citoyen (vote à 18 ans …) si ce même citoyen
    avait reçu une éducation suffisante en politique, histoire, philo, sociologie, anthropologie, droit
    avant d’être amené à se prononcer. Cela évidemment signerait la mort du suffrage ainsi que celle
    de la république. D’ou l’évidence de l’impossibilité d’éducation en république. La boucle est bouclée, verrouillée même depuis la mi XVIII ème siècle.
    Amen.

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