Le banc du village

le pouvoir, c'est de s'asseoir

La fleur du mal

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L’actuelle Ministre de la Culture acculée à passer à l’aveu : elle n’a rien lu depuis 2 ans.  Par manque de temps, s’excuse-t-elle. Pourtant ce temps qui lui manque à ce point elle en trouve assez pour aller parader 2 heures sur un plateau de Canal +, se pavaner face caméra.

Qu’elle ne puisse citer aucune œuvre du nouveau prix Nobel de littérature français, pourquoi pas, on ne peut tout lire et tout aimer. N’avoir simplement nourri sa réflexion d’aucun livre depuis 2 ans (ou plus ?), là ce n’est plus seulement le dédain de notre pays et de notre culture qui transparaît, c’est le règne de l’Ignorance. Littéralement. Certes, elle est loin l’époque où le Ministre se nommait Chateaubriand, où l’on pouvait entendre au pouvoir des hommes qui par leurs œuvres de génie illumineraient la pensée française, et donc la France, qui sont la même chose, pendant des siècles. Tant pis pour la République, Chateaubriand n’était même pas un de ses ministres, mais le ministre d’une monarchie (pour laquelle je n’aurai guère plus de sympathie). Désormais il suffit de briller sous un réflecteur le temps d’une émission du petit écran. Malheureusement pour elle, dans l’éclairage de sa fonction, Mme. Pellerin a douloureusement étrillé ce dicton qui dit que c’est parce que la vitesse de la lumière est supérieure à celle du son que certains ont l’air brillant avant d’avoir l’air con.

Mais plus sérieusement, ce qui autorise, excuse, cimente le refus de démocratie de notre système au profit de l’oligarchie, c’est soi-disant la compétence. Le peuple n’écrit pas les lois, le peuple ne vote pas les lois, le peuple n’accède pas au monde politique par tirage au sort. Bref le peuple ne gouverne pas. Pourquoi ? Car il est incompétent.  De là l’existence de cette classe dirigeante du système République : la classe politique. Pure création, à peine déguisée il est vrai, de la classe bourgeoise pour glaner le pouvoir aux nobles sans le laisser au grand nombre du « Quart-Etat ». Cet argument de compétence (qui de toute façon n’a rien à faire dans la décision politique qui est d’abord doxa, opinion, mais devrait intervenir uniquement lors de l’application de la décision) vient, mais qui en doutait, de voler une énième fois en éclat. Quand un névrosé répète pour la 25ème fois une conduite d’échec la famille devrait penser à changer de docteur. Ne parlons même pas de l’argument de vertu et d’exemplarité qui a lui-même explosé depuis des lustres, dépassant le stade de l’éclat pour rejoindre celui de poussière.

Le poste de Ministre de la Culture est devenu celui de Ministre de la Technoculture. Les gouvernements ne sont quasiment occupés à chaque poste que de Ministres de la Technique. C’est par elle qu’ils définissent la société, son avancée, qu’ils mènent sa politique qui doit la faire croître sans temps morts. Or la Culture (le Subjectif, produit de l’Humain), est l’opposée de la Technique ( l’Objectif, produit de la Science). Les cultures, qui sont le local, le subjectif, le durable, sont incompatibles avec la Technique qui est l’universel, l’objectif, l’éphémère. Mais les technocrates constituent l’entière classe politique, d’où la disparition de l’une sous l’étouffement de l’autre, tellement plus rentable. Mme Pellerin représente la fleur de la Technique, la Fleur du mal dirions-nous si nous étions d’humeur poétique.

Pour se rattraper, Mme Pellerin s’enfonce, et dit « je lis beaucoup : des notes, des rapports… ». Elle aurait pu également rajouter : des notices d’appareils électroniques, des panneaux d’affichage des aéroports, des prospectus publicitaires… et tant d’autres supports de la grande littérature dont peut s’enorgueillir notre glorieux et spirituel pays. Moi qui par un reliquat de la culture millénaire de ce pays, Mme. Pellerin, suis une sorte de chrétien non-pratiquant, je devrais prêcher le pardon pour votre classe. Hélas je ne tombe pas en accord avec moi-même. Et voyez-vous, puisque que vous ne lisez que les notes, alors je vais vous en reproduire une que j’ai trouvé en bas de page de cette chose, un livre, et qui vient d’un autre vrai chrétien, Jacques Ellul, écrite en petit, et qui m’a surprise par  une crudité à laquelle on n’est pas accoutumé de sa part. « Le bluff technologique », p.725, note 1 :

« Lorsque des sanctions sont prises contre un groupe politique pour des décisions politiques, c’est toujours au cours de « Révolution ».  En 1917 ou 1933 les hommes politiques ont été condamnés en bloc par les gagnants. Mais il faut les tuer. Car en 1940, on en a condamné, ce qui ne les a pas empêché de reparaître avec gloire quelques années plus tard ! »

Amen !

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